La couleur des sentiments

Chronique littéraire #28

Première lecture de l’année et premier coup de cœur. Et pas seulement de l’année, premier gros coup de cœur depuis bien longtemps. Je n’ai pas les mots pour décrire cette lecture, j’ai peur de me l’avouer, mais je me demande si cette lecture ne vient pas de détrôner La promesse de l’aube, mon roman préféré…

Ce pavé littéraire m’a arraché quelques larmes, beaucoup de sourire, parfois de la frustration, des rires. Je n’en reviens pas d’avoir attendu si longtemps avant de le lire.

Kathryn Stockett, dans un roman à trois voix, nous peint avec réalisme les conditions des bonnes noires et des blanches qui les emploient dans les années 60, aux Etats-Unis. Elle rappelle que les mots sont puissants et peuvent bouleverser des vies.

Noirs et Blancs vivent dans des quartiers distincts, ne fréquentent pas les mêmes écoles, bibliothèques, hôpitaux, magasins… Les Noirs sont employés par les Blancs, et les Blancs accordent plus de respect et de considération aux dirigeants racistes de leur pays qu’aux Noirs qu’ils côtoient tous les jours.

Au milieu de toute l’intolérance et du mépris, des voix s’élèvent: Skeeter, Aibileen et Minny. Trois femmes qui font face aux lois raciales et ne se font pas que des amis dans la ville de Jackson, au Mississippi. Ensemble, elles vont secrètement braver les interdits et la peur des représailles pour écrire une histoire bouleversante qui va faire trembler le petit équilibre de la bonne société blanche. Au travers des trois héroïnes et avec beaucoup de finesse, l’auteur dénonce la ségrégation et les injustices diverses et quotidiennes dont fut victime la population noire.

Les trois héroïnes sont fascinantes, j’ai senti bouillir leur rage, leurs joies, leur frustatrion, leurs peines. Aibileen est une femme douce qui, en plus de s’occuper de la maison de ses employeurs, élève leurs enfants et essaie de leur apprendre le respect des autres et de soi. Ses échanges avec Mae Mobey, la dernière petite Blanche dont elle s’est occupée, sont saisissant de tendresse et de subtilité.

Je plonge dans ses beaux yeux bruns et elle regarde dans les miens. Seigneur, ce regard, on dirait qu’elle a déjà vécu cent ans. Et je vous jure que je vois, tout au fond, la femme qu’elle sera. L’avenir, l’espace d’une seconde. Elle est grande et droite. Elle est fière. Elle est mieux coiffée. Et elle se rappelle les mots que j’ai mis dans sa tête. Comme on se rappelle quand on est une adulte. Alors elle le dit, juste comme il fallait: Tu es gentille, tu es intelligente, tu es importante

Minny est de loin différente d’Aibileen, elle n’hésite pas à donner son avis qui à paraitre insolente, et parfois, se faire renvoyer. Par son courage, elle est celle qui trouve le moyen de protéger le petit groupe de bonnes qui a accepté de témoigner pour le livre.

Skeeter, quant à elle, est la jeune blanche moderne qui va choisir de faire des études et de travailler, au grand dam de ses amies et de sa mère qui préfèreraient la voir mariée. C’est elle qui va mener l’écriture du livre, cherchant à défendre ce qui est juste.

L’auteure nous offre une histoire magnifique, et inspirée de la sienne, où règnent la solidarité, le courage, la dignité.

N’était-ce pas le sujet du livre ? Amener les femmes à comprendre. Nous sommes simplement deux personnes. Il n’y a pas tant de choses qui nous séparent.

Si vous ne l’avez pas encore lu, je ne peux que vous le recommander!

Avez-vous vu l’adaptation cinématographique? Cela vaut il le coup?

Lucie ♥


2 réflexions sur “La couleur des sentiments

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