Autoportrait en chevreuil

Chronique littéraire #45

Comme l’année dernière, je suis jurée pour le prix du roman des étudiants, et cela me permet de découvrir 5 romans de la rentrée littéraire 2020 que je n’aurais pas forcément choisi.

Le premier que j’ai lu est Autoportrait en chevreuil de Victor Pouchet et je dois avouer que j’ai bien aimé son style. La lecture est très agréable, mais loin d’être légère, et une ambiance mystique règne tout au long du roman

C’est l’histoire d’Elias, d’Elias enfant et d’Elias adulte. L’histoire d’Elias et Avril. L’histoire d’Elias et son père. Et son frère.

J’ai l’impression que c’est sur ce trampoline trempé, lors de cet hiver dégueulasse que j’ai vécu les plus belles heures de mon enfance.

Le roman est divisé en 3 parties, 3 voix, assez inégales. La première, la plus longue, raconte l’enfance d’Elias, le narrateur et personnage principal du roman, mais aussi sa relation avec sa famille ou sa petite amie. Elias lie une relation très particulière avec son père, « le fou du village ». Celui-ci offre à son fils sa vision très particulière qu’il a du monde: les ondes, les animaux totems, les rituels… Et enferme Elias loin de la norme, l’isole… C’est d’ailleurs plus le portrait du père qui est dressé à travers le jeune homme que le portrait d’Elias lui-même.

La 2ème partie est ma préférée, mais elle casse un peu le rythme du roman: Avril, la petite amie d’Elias écrit dans son journal intime, dans un vocabulaire plus détendu, des phrases courtes un peu décousues qui décrivent son quotidien, ses pensées, et ses inquiétudes par rapport à Elias, qu’elle surnomme « Bancal-Bibli ». Parce que oui, Elias est bancal, en retrait, brisé par son enfance. Cette partie a beau être le journal intime d’Avril, Elias reste le personnage principal.

La 3ème partie, très courte, est un monologue du père d’Elias. On retrouve l’ambiance mystique du début et qu’on avait un peu perdu durant la 2nde partie, et le voile est levé sur la tragédie qui hante Elias. Le père parle à Avril, longuement, ses pensées sont un peu éparpillées, il lui raconte Elias, lui décrit une anecdote plus récente, une rencontre. On retrouve le père d’Elias comme on l’avait rencontré au début du roman, seulement un peu plus abîmé par la vie.

On se pose des questions tout au long de la lecture: Pourquoi ce titre? Pourquoi changer de narrateur? Que s’est-il passé durant l’enfance d’Elias? … On croit comprendre des évènements, trouver des indices, au fil du roman, et particulièrement avec le dernier chapitre, les pièces du puzzle s’assemblent. Et je ne peux que vous conseiller de le lire si vous voulez connaître ces réponses.

En bref, j’ai beaucoup aimé l’écriture subtile de Victor Pouchet, parfois poétique. Il réussi à décrire des personnages très différents, sans jugements tranchés, avec simplicité.

Vous lisez des romans de la rentrée littéraire? Lesquels?

Lucie ♥


2 réflexions sur “Autoportrait en chevreuil

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