Par les routes

Chronique littéraire #24

Dans le cadre du prix du roman des étudiants, j’ai lu Par les Routes de Sylvain Prudhomme. C’est un livre auquel je n’aurais pas prêté attention s’il n’avait pas fait partie de la sélection. Et pourtant… Ce fut une de mes sacrées découvertes de l’année.

Le personnage principal, Sacha, est un auteur qui cherche la tranquillité en emménageant dans une petite ville du Sud dans le but d’écrire son roman « La mélancolie des paquebots », titre tiré de l’Education sentimentale de Flaubert.

Il voyagea. Il connut la mélancolie des paquebots, les froids réveils sous la tente, l’étourdissement des paysages et des ruines, l’amertume des sympathie interrompues. Il revint.

Mais c’est tout sauf la tranquillité qu’il y trouve, car il retrouve un ami de jeunesse, l’auto-stoppeur (qui ne sera jamais nommé autrement). L’auto-stoppeur ne cesse de partir et revenir, vagabonder et découvrir les routes françaises, rencontrer de nouvelles personnes qu’il prendra en photo grâce à son Polaroid et entendre les histoires de ces gens. Il n’oublie jamais de revenir auprès des siens: Marie sa femme, Sacha son ami et Agustin son fils. Et pourtant, ses départs se font de plus en plus longs et ses retours de plus en plus espacés…

Tout au long du roman, je me suis demandé pourquoi l’autostoppeur n’est jamais nommé. Je me suis fait des scénarios un peu tirés par les cheveux: peut-être qu’il est une des personnalités de l’auteur et qu’on apprend à la fin qu’il souffre de personnalité multiple. Peut-être que c’est un personnage tout droit sorti de l’imagination de Sacha, son alter ego rêvé. Peut-être qu’on apprendra son nom à la fin du roman. Peut-être…

C’est un livre à l’écriture assez simple, très belle, très fluide. L’auteur est beaucoup concentré sur les sens. On entend les sons de l’histoire, on sent les odeurs, les gouts des repas qui accompagne certaines discussion importantes, on est bercés par la musique qui passe, par le vrombissement des moteurs, par le silence des paysages. Mais ce qui m’a le plus marqué c’est la lumière. C’est un roman lumineux. Dans les paysages, tout passe par la lumière. La nature verdoyante, les après midis d’hiver sur la plage, les constellations, jusqu’au jaune choisi pour la peinture des toiles de Sacha.

Et puis il y a aussi le nom des villages que l’autostoppeur visite. Par thème, par ordre alphabétique, par « rocambolesquerie » , par signification. C’est un roman qui nous enracine dans nos paysages français, dans nos petits villages aux noms pittoresques. Et ça fait du bien.

C’est aussi une ode à la bienveillance. De nos jours peu de gens font encore du stop et encore moins prennent des autostoppeurs. Ici malgré tout, il y a une camaraderie qui s’installe durant les trajets, ce sont des trajets qui marquent, des gens dont on se souvient, des paroles qui nous reviendrons de temps à autres, et cette envie de revoir ces gens qu’on n’a pourtant croisés que quelques heures. Parce que oui partager l’intimité de l’habitacle d’une voiture ca rapproche.

En bref, l’auteur nous offre un roman magnifique sur les rencontres qui changent la vie et qui donnent envie de prendre la route à notre tour.

Vous l’avez lu? Et quelles sont vos sacrées découvertes de l’année?


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