Et la Lune, là-haut

Chronique littéraire #19

Ayant déjà lu un autre roman de Muriel Zurcher, je savais qu’il fallait que je m’attende à quelque chose de beau, une sorte d’émerveillement. Elle a le don de pointer du doigt les petites perles du quotidiens, les personnes bienveillantes que la vie met sur notre chemin. Ses personnages sont d’une innocence adorable, ou au contraire connaissent la dure réalité de la vie et y ont font face à leur manière.

Je ne m’étais pas trompée, Et la Lune, là haut est un magnifique roman qui raconte les aventures rocambolesques (oui, rocambolesques!) d’Alistair et de Yaro. Alistair est génie, il connait les mathématiques, la planétologie, les sciences en tout genre… Mais ce qu’il ne connait pas, c’est la vie, le monde extérieur. A 21 ans, il n’est jamais sorti de chez lui, sa mère le gardant bien au chaud, en « sécurité ». Yaro, lui, est un jeune sans papier de 18 ans, qui vit au jour le jour, depuis qu’il est revenu en France après en avoir été expulsé.

Et, quand la mère d’Alistair décède, c’est tout son monde et ses repères qui s’écroulent. En le voyant sortir de son immeuble, Yaro flaire la bonne affaire, le pigeon à plumer. Mais c’est sans compter les galères dans lesquelles les deux jeunes vont se fourrer et leur amitié, un peu bancale, qui va débuter.

C’est une histoire drôle, décalée, parfois émouvante. Une histoire d’amitié, de coup de chance, de coup de malchance, d’apprentissage, de rencontre, d’amour, de débrouille. Une histoire qui nous pousse à suivre nos rêves, même les plus fous. Une histoire qui prouve que notre destin est entre NOS mains et pas entre celles d’une quelconque force supérieure.

Une vie sans rêves, c’est pas une vie.

L’aventure des deux garçons est guidée par le rêve d’Alistair: aller sur la Lune. Ce rêve parait innateignable, autant pour nous, lecteurs, que pour Yaro. Il va pourtant tout faire pour aider son ami. Le roman est divisé en dix chapitres qui forme un décompte depuis le chiffre 10, comme le décompte d’une fusée sur le point de partir.

Les deux garçons ont chacun une manière de s’exprimer et de voir le monde: Yaro tout en bienveillance (et en gros mots), le genre de garçon qu’on adore; malgré son passé difficile il reste lui même, il est présent pour les autres, pour ceux qui comptent, pour ses amis. Et Alistair qui va de découverte en découverte avec son innocence couplée à son savoir immense, un garçon persévérant aux rêves un peu fous et au langage à la fois simple et compliqué.

A chaque fois qu’il ouvre la bouche, Alistair prend Yaro au dépourvu. Si il y avait une classification des cerveaux, le sien serait dans la catégorie œuvre d’art. Des neurones qui buggent tandis que les autres carburent aux maths.

J’ai passé un moment génial grâce à ce récit humain et (je crois que je vais me répéter) bienveillant. L’auteure n’hésite pas à aborder des sujets plus délicats comme le deuil, la mort ou l’immigarion. Sans mauvais clichés. Et tout en douceur.

…5…4…3…2…1…! Vous êtes tentés?


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