Nous les menteurs

Chronique littéraire #17

La famille Sinclair est belle, riche, sportive. Elle possède une île privée au large du cap Cod. Tous les étés, ils se retrouvent à Beechwood (leur île). Et tous les étés, je relis ce roman. Car Nous les menteurs me colle à la peau depuis que je l’ai lu la première fois il y a quelques années.

C’est un roman qui marque à jamais, un livre époustouflant, chamboulant. Un des rares livres qui font ressentir les mêmes émotions après plusieurs lectures. C’est fort probable que je le relise encore pendant des années. C’est un des romans que je conseille pour un été, pour une vie; un compagnon avec qui on recommence les lectures estivales. Lire ce livre à chaque début d’été est donc devenu un rituel pour moi. Je ressors de ma lecture vidée et mélancolique, mais pleine avec un sourire aux lèvres.

« Il n’y a pas de mot au scrabble pour [le] décrire […] »

Le roman est divisé en 5 parties, et les chapitres très courts nous emmènent peu à peu vers la lourde vérité. C’est une lecture facile et addictive. Les phrases sont courtes, poétiques, métaphoriques. On trouve parfois des histoires dans l’histoire.

L’histoire se déroule durant l’été des 18 ans des Menteurs, dit l’été 18; mais est centré sur l’été 15, et sur l’accident qui est arrivé. Sauf que Cadence, qui est la narratrice, n’en garde presque aucun souvenirs. On découvre donc avec elle, au fil des pages, tous les petits (et gros, très gros) secrets de cet été. Au début de la lecture, on est emplis de certitudes, qui peu à peu s’effritent. On remet en question ce que l’on sait et que l’on ne sait pas.

Les personnages principaux, les Menteurs, sont aussi attachants que des petits chatons (et dieu sait si j’aime les chats!!!), bien qu’ils n’aient rien de bébés chats. On les découvre au fil des pages, leur carapace de beaux gosses riches se fendille pour laisser voir des adolescents avec des soucis, des rêves, des valeurs d’adolescents….Ils inspirent la sympathie tous à leur manière: Mirren et sa douceur, Johnny et son humour, Gat et son intelligence frétillante, Cadence et ses émotions si difficiles à contrôler.

Mirren est le sucre, la curiosité et la pluie. Johnny est la vitalité, la persévérance et le sarcasme. Gat est la contemplation et l’enthousiasme. L’ambition et le café noir.

Il y a aussi les autres membres de la famille Sinclair: les tantes, les petits cousins, le grand-père et les chiens. Derrière le vernis épais de la magnifique famille riche et parfaite, on découvre une famille brisée. Brisée d’abord par les disputes incessantes des tantes à propos de l’héritage: qui aura la plus belle maison? Qui la mérite? Qui s’occupe le mieux du grand-père? Brisée ensuite par le drame survenu à l’été 15. A partir de ce moment là, les tantes se soutiennent toutes dans leur souffrance. Les trois sœurs, ces tantes mais aussi ces mères, brisées mais réunies.

Très émouvant, bouleversant, poignant.

L’année dernière je n’avais pas eu le temps de le relire, alors les souvenirs et les détails s’étaient estompés de mon esprit. Je connaissais tout de même la fin et les événements majeurs de l’histoire, pourtant je me suis pris une claque énorme en redécouvrant la lourde vérité. Je me suis alors, à nouveau, rendue compte que j’avais oublié à quel point ce roman est puissant; à quel point la vérité est puissante; à quel point la réalité est puissante.

E. Lockhart a écrit un chef d’oeuvre, un roman inoubliable, unique et étrangement beau avec une fin bouleversante qui m’a tiré des larmes.

Et si on vous demande comment ça se termine, mentez! 😉


Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s